Jeux Paralympiques - Retour sur le parcours des tricolores

21/09/2016

Jeux Paralympiques - Retour sur le parcours des tricolores

Droits FFE DR

Depuis l’intégration du para-dressage parmi les disciplines paralympiques en 1996, les cavaliers français ont toujours été de la partie ; en équipe dans un premier temps à Atlanta en 1996 et Sydney en 2000, puis en individuel à Athènes en 2004 et Hong-Kong en 2008. Aux Jeux paralympiques, la seule discipline équestre disputée est le Dressage.

 

Les différents grades 

Les athlètes sont classés selon leur type de handicap, selon des grade Ia et Ib (utilisateurs de fauteuils roulants ayant peu ou aucun équilibre du tronc), grade II (le plus souvent, utilisateurs de fauteuils roulants et porteurs de handicap grave), grade III (atteints de déficience modérée ou de perte totale de la vue des deux yeux) et grade IV (déficience au niveau des membres ou un certain degré de déficience visuelle). Le grade de chaque cavalier est déterminé au moyen d’un examen spécifique, par un classificateur  (médecins et/ou kinésithérapeutes) désigné par la FEI.

Les présentations de Dressage varient en fonction du grade du cavalier.

• Grade I (a ou b) : Pas seulement ou pas et trot

• Grade II : Pas et trot

• Grade III : Pas, trot et galop.

• Grade IV : Pas, trot et galop avec des mouvements latéraux

 

Les épreuves aux Jeux Paralympiques

Les épreuves des Jeux Paralympiques sont les mêmes que sur toutes les compétitions internationales de la saison.

Que ce soit lors des compétitions individuelles ou par équipe de trois ou quatre participants, dont l’un doit obligatoirement appartenir au grade I ou II, les concurrents exécutent :

· Une première épreuve par équipe qui fait l’objet d’une épreuve préparatoire pour les cavaliers courant en individuel.

· Une épreuve individuelle. L’addition des résultats de l’épreuve par équipe et de l’épreuve individuelle donnent le classement par équipe. Les trois meilleurs scores de l’équipe sont pris en compte.

· Une reprise libre en musique pour laquelle les sept meilleurs cavaliers, à l’issue des deux tests précédents sont qualifiés.

De la même manière qu’en Dressage pour les cavaliers valides, la performance est notée par un jury et le couple recevant la meilleure note est déclaré vainqueur.

 

RIO 2016

 

Après le voyage et l’installation, les cavaliers paralympiques français ont retrouvé leurs chevaux en pleine forme et eux aussi bien installés dans les écuries de Deodoro. Après quelques jours de découverte des lieux et d’imprégnation de l’ambiance paralympique, les épreuves ont commencé pour touts les couples par leTeam Test.

 

En Grade III le premier couple français à avoir foulé la piste paralympique de Deodoro, Louise Studer & Esmeralda Tanz , propriété de Constant Loos, d'Eric Bruder, de Philippe Umbdenstock et de sa cavalière obtiennent la note de 67,763%. Une grosse faute fait descendre la note mais l’impression générale de la reprise reste belle.
José Letartre & Swing Royal*ENE-HN , propriété de l’IFCE, obtiennent quant à eux une note 68,026 % et accrochent une belle 7e place. Pour leur première reprise, Céline Gerny et Flint , propriété de Louise Studer, talonnent les « stars » du grade IB et finissent 6e avec la bonne note de 68.320%. Enfin dernier tricolore à s’élancer, Thibault Stoclin et Uniek , propriété de Handi Equi Compet ont époustouflé tout le staff fédéral en réalisant sous une chaleur écrasante une magnifique reprise notée à 69,522%. Compte tenu du grand nombre de cavaliers dans son grade (25 couples au départ), il est au final 12ème mais très peu de points le séparent des 5 cavaliers devant lui.

Place ensuite aux reprises de l’Invidual Test pour les quatre Français :

En grade III, José Letratre & Swing Royal*ENE-HN déroulent leur reprise en 69.659% et se qualifient pour la reprise libre. Louise Studer & Esmeralda Tanz sont notées 68.244 % et en terminent là pour leurs premiers Jeux Paralympiques.

En grade Ib, Céline Gerny & Flint bouclent leur reprise en 67.552 % et décrochent eux aussi leur qualification pour la reprise libre. Thibaut Stoclin & Uniek derniers à entrer dans l’arène de Deodoro pour leur reprise individuelle en grade Ia terminent avec une note de 68.913%. Le classement définitif de l’épreuve par équipe prend en compte les 3 meilleurs résultats effectués sur les deux premiers tests Team et Individuel. L’équipe de France termine finalement 10e des Jeux paralympiques de Rio avec un total de 412.154 points. La Grande Bretagne décroche l’Or avec 453.306 points, devant l’Allemagne, 433.321 points et les Pays-Bas 430.353 points.

 

Les deux couples tricolores qualifiés pour la libre ont déroulé leur dernière reprise vendredi 16 septembre.
En grade III José Letartre et Swing Royal*ENE-HN sont 6e avec 70.400%. La médaille d’Or est remportée par Sanne Voets avec une note de 73.850%. Enfin en Grade Ib, Céline Gerny et Flint terminent 6e avec une reprise libre notée 68.800%. Le titre paralympique est pour Lee Pearson (GBR) en 77.400%.

 

Ce qu’ils en disent :

Alain Soucasse, coordonnateur de la discipline :

« Je tiens tout d’abord à féliciter le directeur sportif de l’événement M. Pereira qui a su proposer aux cavaliers et surtout aux chevaux un site très adapté à ce type de compétition tant par la qualité des sols, que par l’aménagement des terrains, et notamment pour le passage des fauteuils. Le site de Deodoro est très compacte, l’accès et la circulation entre les écuries, les sites de compétition et les lieux de vie est très facile.Tous les membres de l’organisation ainsi que les bénévoles ont fait preuve d’une grande disponibilité et d’une extrême gentillesse durant toute la compétition.Au sein de l’équipe de France, je retiens la très grande cohésion de tous et l’ambiance très saine et bienveillante qui participe de fait à la réussite sportive.Sportivement, ces jeux confirment la suprématie de la Grande-Bretagne dans toutes les épreuves, non seulement en équitation mais aussi dans les autres sports. Une analyse de l’organisation britannique au service du handicap est à mon sens plus que nécessaire pour pouvoir espérer rivaliser avec leurs performances.Nos cavaliers tricolores ont su être à la hauteur de l’événement et de l’enjeu Paralympique. Ils ont présenté des reprises au meilleur de leur niveau et deux cavaliers accèdent à la reprise libre ce qui est très satisfaisant. Les couples français ont été formés il y a peu de temps. José Letartre et Swing Royal*ENE-HN ne travaillent ensemble que depuis quelques mois par exemple et leur performance à Rio est d’autant plus honorable. On voit bien aujourd’hui que les couples les plus performants sont formés depuis au moins une olympiade. Dans un sport apprécié par des juges, il est très important de se montrer en épreuves pour que les juges puissent se rendre compte de la progression des couples. C’est ce qui permet de faire monter les notes. Nous remercions particulièrement les propriétaires qui ont mis ces chevaux à disposition des cavaliers. C’est en pérennisant ces couples que l’on pourra être plus performants et les marges de progressions de nos couples sont grandes.La route pour Tokyo est encore longue, mais peut laisser présager de belles choses ! »

 

Philippe Célérier, Sélectionneur national de paradressage :

« Nous sommes arrivés à Rio avec quelques appréhensions concernant l’organisation et l’accueil ici qui a finalement été une très bonne surprise. Le site de Deodoro est magnifique, les écuries adaptées, la qualité des sols est formidable et le rectangle de présentation était splendide et très impressionnant. Nous avons vraiment pris toute la mesure de l’événement sur ce site somptueux. La préparation des chevaux est toujours délicate sur ce type d’échéance où les compétitions durent longtemps, les transports lointains sont éprouvants pour les chevaux  et le climat différent du climat français. Nous pouvons saluer tout le travail mis en place par l’ensemble du staff et des grooms qui ont su gérer toutes ces contraintes pour permettre aux chevaux d’être frais et très disponibles pour les épreuves. Je tiens également à remercier les trois équipes olympiques qui nous ont laissé du matériel sur place, et notamment pour le bien être des chevaux. C’est un énorme soutien témoigné aux cavaliers paralympiques qui se sentent très bien intégrés dans la grande équipe de France des sports équestres. Tous les cavaliers ont été à la hauteur de ce rendez-vous paralympique. Ils ont tenu le coup et la pression tout au long de la compétition. L’équipe de France est tout à fait dans le coup. Si l’on analyse les résultats des autres équipes, on se rend compte qu’ils ont souvent un couple « locomotive » dont les très bons résultats tirent l’équipe vers le haut. Nos quatre tricolores ont des scores dans une fourchette de 68 à 70% et ils sont en constante progression. Nous sommes déjà tournés vers Tokyo dans 4 ans et souhaitons continuer à structurer la préparation, et conforter les couples. Je remercie tout particulièrement les propriétaires qui nous font une totale confiance et prêtent leurs chevaux aux cavaliers. Nous souhaitons pérenniser cette relation de confiance pour permettre à nos couples de progresser encore. Enfin, merci infiniment à Sophie Dubourg qui a insufflé un vent de confiance auprès des cavaliers et du staff. Elle nous a soutenus pendant toute la préparation et chaque jour à Rio. Les cavaliers ont pu sentir qu’elle croyait en eux et cela a participé à leurs belles performances tout au long de ces 20 jours à Rio.»

 

Fanny Delaval, Chef d’équipe :

« On termine 10e par équipe, mais nous sommes très proches des 9e et 8e positions. Si on analyse tous les résultats des différentes nations, l’équipe de France est la plus régulière sur les 4 cavaliers et sur toutes les épreuves. C’est ma 4e « paralympiade » et celle sur laquelle nos cavaliers sont les plus réguliers. Cela démontre bien que l’on ne s’est pas trompé sur la sélection tricolore et que tous les athlètes étaient bien préparés. L’équipe de France a très bien travaillé avec une grande cohésion et beaucoup de confiance entre tous les intervenants, grooms, vétérinaires, et tout l’encadrement autour des cavaliers.  Je tiens également à remercier les équipes valides présentes au Jeux Olympiques qui nous ont laissé un container sur place avec du matériel. Nous l’avons ouvert avec délice, nous avions l’impression qu’un petit bout de France nous attendait ici. Nous nous sommes sentis tout de suite comme à la maison, et cela nous a beaucoup aidé et a participé à notre confort.

J’ai été très touchée tout au long de notre séjour à Rio par l’ambiance dans la « parafamille » comme on aime à l’appeler. Il y a une réelle cohésion entre toutes les équipes et toutes les nations et on prend beaucoup de plaisir à se retrouver sur les compétitions internationales et cette fois encore pour le Jeux Paralympiques. Alors bien sûr quand la compétition commence on est des adversaires, mais entre les épreuves, tout le monde se soutient, se souhaite bonne chance, et félicite chaleureusement les vainqueurs. Il y a beaucoup de sincérité dans ces échanges. C’est une ambiance tout à fait singulière qui enrichit notre sport. 
Contrairement à ce que l’on a pu lire avant d’arriver à Rio, les Jeux Paralympique ne sont pas du tout au rabais. L’organisation était fabuleuse et la cohabitation avec les autres nations et les autres sports très riche. Après une expérience comme celle-ci, on a un autre regard sur la société et la place du handicap. Je suis très chanceuse d’avoir pu vivre ça encore une fois.

Je tiens également à souligner l’infinie gentillesse des officiels de la FEI, stewards… qui sont très impliqués dans leur mission et dévoués aux athlètes. La FEI montre sa réelle volonté de mettre la discipline du Paradressage dans le confort et de bien l’intégrer au sein de la grande famille des sports équestres.

Nous avons fait un très gros travail tout au long de la saison pour nous préparer et pour décrocher la sélection pour le Jeux, mais avec du recul on se rend compte qu’il faut faire ce travail encore plus en amont de l’échéance paralympique. Nous devons nous tourner vers Tokyo dès à présent pour consolider nos couples. Quatre ans, cela semble très long mais en réalité ça va arriver très vite. Je suis persuadée que l’on pourra un jour faire une médaille, mais nous devons nous y mettre sans attendre. C’est grâce au soutien de la FFE et aux actions mises en place que nous pourrons de faire progresser la discipline. Sophie Dubourg est une DTN formidable et les médailles qu’elle a rapportées de Rio le prouvent encore un peu plus. Elle nous a apporté tout son soutien et son enthousiasme et je l’en remercie. »